Chers amis bonjour !

 

Un avis déjà publié ailleurs lors de la sortie de cette chose dans les salles obscure que je réactualise pour la sortie DVD.

Je suis allée voir ce film le jour de sa sortie avec mes enfants de 7 et 10 ans et j'ai été très mais alors très déçue!

De puis que nous avons été le voir, les nains n'en n'ont jamais reparlé alors que d'habitude ils me harcellent pour avoir le DVD. Inutile de vous dire que je vais zapper celui-ci!

 

Bon, je vous décortique l’étiquette et la composition du produit et après je vous en cause.

Le Petit Prince est un film d’animation français (ah oué ? Alors pourquoi que la VO est elle en angliche ?) né le 29 juillet 2015.
Le réalisateur, Mark Osborne, nous a déjà livré les somptueuses œuvres que sont Kung-fu Panda ou Bob l’Eponge.
Coté distribution pour les voix françaises nous avons :

André Dussollier - L'aviateur

Florence Foresti - La mère

Vincent Cassel - Le renard

Marion Cotillard - La rose

Guillaume Gallienne - Le serpent

Laurent Lafitte - L'homme vaniteux

Vincent Lindon - Le businessman

Clara Poincaré - La petite fille

Andrea Santamaria – Le petit prince

Et puis nous avons eu le droit à un grand battage médiatique sur l’un des producteurs, à savoir Dimitri Rassam, fils d’une crevette actrice et d’un producteur. Il faut croire que d’avoir des relations ça aide grandement dans ce métier !

Quant à l’inspiration, c’est une adaptation libre du Petite Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

Et pour être libre elle est libre l’adaptation… Tellement libre qu’elle en est même sauvage !

J’ai entendu parler de ce projet il y a quelques années. Cela fait en effet un bail que le fifils à papa et môman voulait s’offrir un joujou et il aura fallu 9 ans et 60 millions de dollars pour que Monsieur Rassam junior puisse se trémousser sur le tapis rouge cannois.

Toi, le lecteur attentif, tu te doutes au ton de cet avis que je ne me suis pas laissée emporter par l’émotion du film et tu as raison !

J’ai suivi la genèse du film et pensais que le gars qui prenais le pari fou d’adapter ce chef d’œuvre avait une sacrée paire de roustons… Au final il a surtout une sacrée paire de parents !

Bon, c’est bien joli tout ça mais comment c’est dans la salle obscure ?

Le film débute comme un classique de l’animation de synthèse. Une petite fille qui n’a pas de nom, vit seule avec sa mère qui n’a pas de nom et le papa qui n’a pas de nom vit ou ne sait pas où mais là où il y a des gratte-ciel et des boules à neige.
La petite et sa maman emménagent à côté d’une maison qui fait tache dans le paysage et dont l’occupant, vous allez rire (si, si, on fait un effort) n’a pas de nom !

Vous trouvez que j’insiste lourdement sur l’anonymat des protagonistes ?
Et bien essayer de faire accrocher un gamin à une histoire dans laquelle il ne peut s’identifier à personne !

Bon, passons.

La petite fille va doucement se lier d’amitié avec son drôle de voisin, un petit vieux rigolo et bricolo qui rafistole un vieux coucou dans son jardin. Le papi va lui raconter une histoire et nous apprendrons plus tard que c’est la sienne.
L’aviateur du conte philosophique (et donc un peu St-Ex aussi) se trouve donc métamorphosé en guignol et moi je commence à grincer des dents sur mon fauteuil !

Quand le vieux barbu « raconte », nous quittons l’image de synthèse et les passages « Petit Prince » sont réalisés en stop-motion, c’est-à-dire en image par image avec des figurines en papier.
J’ai entendu parler le réalisateur dans le poste qui expliquait que c’était la seule manière de respecter le texte. D’après lui, la seule façon possible d’adapter le texte le plus lu après la bible était cette mise en abime… C’est clair qu’il nous fait toucher le fond !

L’œuvre originale est taillée au cutter, édulcorée, désanimée… Il a gardé 3 phrases cultes mais toute la poésie du texte s’est envolée… et sa cohérence aussi !

Pourtant, l’idée du stop-motion n’est pas mauvaise. C’est plutôt esthétique mais dès que l’on rêve de se laisser emporter le vieux clown et la mioche aux yeux ronds en images toutes lisses reprennent le devant de l’écran !

Doucement (très doucement, punaise ce que ça m’a semblé long !!) nous progressons dans l’histoire jusqu’à la disparition de petit prince… Mais ce n’est pas fini !! Et là, sans raconter ce qui va arriver, c’est un immense n’importe quoi !
Le livre magique avec lequel nous avons appris à lire, à aimer, à pleurer, à pardonner ou à perdre perd tout son sens et sa substance. Il ne PEUT PAS y avoir de happy end au petit prince même pour faire plaisir au financiers américains ! Si ce texte mythique n’était pas assez politiquement correct pour le block buster il fallait trouver l’inspiration ailleurs et ne pas massacrer ce monument !

Je m’attendais à voir un film d’auteur, intimiste. Une véritable création, un hommage… Il n’y a pas d’hommage c’est un carnage ! L’emprunt du titre original n’est là que pour booster les entrées de cette daube commerciale et faire un maximum de fric !
Quand j’entends Florence Foresti dire : « C’est la troisième fois que je le vois et la troisième fois que je pleure » j’ai envie de balancer mon mojito dans son brushing ! Non mais sérieux, t’as pleuré à quel moment Florence ? Quand le paquet de pop-corn était vide ?

Je respire un coup et je me calme…

Nous étions 3 à la séance du jour, âgés de 7, 10 et 43 ans.
Je suis une inconditionnelle de ce livre que je connais presque par cœur (c’est 43 ans qui cause). Les 2 bambins connaissent bien également. Je vais vous livrer nos impressions.

Le 7 ans a commencé à se tortiller et demander si c’était encore long au premier 1/3 du film. Les dialogues sont lourds, pompeux et difficilement accessibles pour les petits bouts bien que le film soit conseillé à partir de 3 ans. Il n’a pas aimé.

La 10 ans maintenant ! Elle a trouvé ça assez joli graphiquement et assez poétique mais elle qui connait mieux le texte que son frère ne comprend pas pourquoi l’histoire a été changée et que la fin est quand même très compliquée et « en plus même pas logique ». Elle a trouvé ça long, a trouvé ça « bof, moyen » et n’a pas spécialement envie de le revoir.

La vioque de 43 balais pour terminer ! La partie animation est ultra classique, sans surprises, sans humour… C’est vide et plat, ça sonne creux et faux. La partie stop-motion est bien faite et agréable et aurait pu être bien si le texte n’avait pas été aussi résumé et tronçonné mais elle n’apporte rien au film principal. La bande musicale est digne d’un resto chinois, à peine sortis, déjà oubliée. Je me suis ennuyée ferme.

Ce que nous avons tous les trois le plus apprécié c’est le paquet de pop-corn (je comprends mieux les larmes de Florence).

Pour résumer, ce film qui se prétend un hommage est pour moi une insulte à l’œuvre originale et j’ai du mal à comprendre pourquoi la famille de l’auteur (pourtant très difficile) a validé cette « adaptation » (un groooos chèque ?)